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Devotion

Devotion est un jeu d’horreur psychologique dans la lignée de Silent Hills PT à la première personne, développé par les studios taïwanais Red Candle Games et sorti le 19 février 2019 sur Steam. Entre Allison Road et notre cher déchu Silent Hills PT, nous n’avons pas encore explorer cette brèche ouverte en août 2014. Cependant, un nouvel espoir refait surface avec Devotion. Il se veut plus évolué graphiquement que sa propre source d’inspiration d’une part, avec davantage d’aspects glauques d’autre part. Deuxième titre après Detention, le studio s’engage dans une voix lumineuse.

Dans Devotion vous êtes dans la peau d’un père de famille qui reprend ses souvenirs en main par un soir 1980 devant son écran de télévision. A la recherche désespérée de votre fille, vous allez devoir affronter votre mémoire à visage ouvert. Hélas vous  êtes seul et perdu dans votre image du passé, son reflet étant troublé.  A vous de retrouver les indices sur le chemin dessiné par votre enfant sans jamais vous retourner, une présence vous suit prête à frapper, on vous le dit : ne vous retournez pas!

Devotion, un Silent Hills PT Like

Votre FilleDans Silent Hills PT, vous allez davantage tourner en rond afin de trouver les indices qui changent sur votre chemin. Bien au contraire, dans Devotion, votre route scénaristique est toute tracée.  N’oubliez jamais de revenir sur vos pas quand des évènements se sont passés et vérifiez bien les documents laissés à votre portée. Vous avez en tout une trentaine de papiers à récupérer pendant votre partie. (Succès Steam). Notez que si vous suivez bien l’histoire, que vous fouillez bien chaque lieu comme dit précédemment, alors vous devriez avoir tout trouvé en fin de partie. La distinction entre les deux va plus loin, puisque Silent Hills PT est un eu type corridor like /labyrinthe, on ne peut dire autant de Devotion. Les phases de jeu progressant, l’histoire évoluant laissent un pied à terre dans l’esprit de votre personnage.  En outre, les graphismes n’ont rien à voir entre 2014 et 2019 ! Dans Devotion ils sont dédiés  à une ambiance bien particulière : les années 1980 alliant des teintes tantôt froides, usées par le temps, décolorées, tantôt chaudes lorsque le sang et la présence qui vous poursuit se manifestent.

Vous vous réveillez dans la peau d’un père de famille en train de se sustenter devant son écran de télévision, sa femme à la cuisine lui répond lorsque ce dernier se demande où est passé sa fille, Mei Shin. A première vue le titre n’offre pas de version française sous-titrée sans doute faute de moyens, ni un mode jeu en clavier FR il vous faudra passer en qwerty. Vous commencez alors à revenir à vous perdu dans ce souvenir d’un autre passé.  Parfois votre fille tentera de prendre contact avec vous notamment via ces stupides émissions TV de concours de chants made in Taïwan. Ne perdez pas de vue votre objectif principal : retrouver coûte que coûte la chair de votre chair. Avant ce test nous avions notamment penser à un guide, mais le jeu fini nous nous sommes rendus compte que cela n’aurait pas grand intérêt dans la mesure où bon nombres de vidéos offrant la vision du jeu complet  sont déjà publiées d’une part et nous ne voulions non plus vous spoiler sur le contenu de ce petit bijou d’autre part. Bref il est certain qu’une version française aurait été appréciée pour une meilleure immersion narrative, mais voilà le studio ne prévoit cela aujourd’hui.

Mei Shin

lis de tulipesIl y a tout un passage sympathique, que disons nous, beau même quand vous retrouvez au fur et à mesure vos souvenirs. Dans un pan de votre mémoire se manifeste d’abord la poupée de Mei Shin habillée comme elle. Puis une sorte de déesse que vous avez priez car votre fille, souffrante était possédée. Un autre symbole important est cette tulipe jaune qui représente Mei Shin.  Issu d’un conte pour enfant, où une petite fille voit son père sombrer dans la maladie, alors la petite décide de prier la déesse afin que cette dernière guérisse son père : La déesse lui offre une graine que la petite fille doit ensemencer. Alors elle prend son sac à dos puis se rend dans la forêt, rencontrant de prime à bord un ours qui lui offre son dos, tentant d’attraper une pomme, afin que la petite fille traverse la cascade. La petite brune  libère le grand ours qui était coincé de surcroit. Continuant sa route, elle tombe cette fois ci sur deux cerfs en train de se battre. Elle n’ose pas les approcher mais doit cependant pourtant bien passer, alors elle se décide à escalader des champignons pour récupérer deux bois, se déguisant elle même en cerf, ayant mis les bois sur sa tête elle parvient non seulement à passer mais à calmer les deux animaux. Enfin elle rencontre un grand hibou près de son nid. Mais le hibou protège ses petits corps et âme. A l’aide d’une noisette, elle bouche un trou dans l’arbre, après quoi une chenille tombe d’un autre trou. La petite fille offre la chenille en garde manger aux petits du hibou. Ainsi l’oiseau lui cède le passage en ouvrant son aile. Une fois le livre lu, vous trouverez une tulipe en papier coloriée que vous devrez mettre dans un pot dans une des années (les pièces reliées par année) correspondantes, à vous de trouver.

L’image de la poupée est présente dès le début et vous accompagne tout au long du jeu. Un peu étrange, plutôt triste, cette poupée aux habits jaunes et au regard très froid vous transmette les sentiments de Mei Shin. De cette façon, l’immersion dans l’histoire se fait plus naturellement, on comprend la souffrance de la petite fille, ses goûts (notamment sa voix), et sa maladie. Tout ce qu’elle a enduré est finalement retranscrit dans vos rapports avec cette poupée.  En effet cet point clé de la narration est préliminaire de l’étape du paragraphe précédent. Jusqu’au moment où vous trouvez la clé d’une valise rose, celle de Mei Shin, et découvrez le fameux conte pour enfant.

 

Ne te retournes pas

ne te retournes pasLes périodes où la présence féminine qui vous suit vous rencontre vous touche par trois fois dans le jeu.  Le plus intensif étant le dernier où vous aurez juste à ne pas vous retourner et à courir de porte en porte jusqu’à l’issue lumineuse qui s’offrira à vous. Nous ignorons ce que représente cette créature désossée dans le déroulement du jeu. Cependant revenons plutôt sur le protagoniste : ce dernier, on l’apprend plus tard, est un cas psychiatrique probablement schizophrène. La réalité est-elle ce qu’elle semble être ? Que vois-je ? est ce des hallucinations ou des visions  de mon  lointain passé ? Ou est passé Mei Shin ? Le vécu du père est un mélange de tristesse et de colère, même d’incompréhension, alors peut être, on peut penser que finalement l’ombre qui le poursuit est l’incarnation de cette colère. Dans Devotion finalement il finira par retrouver sa voix spirituelle à travers les prières adressées à la déesse et on peut penser à une forme de guérison cependant pas sans sacrifice : c’est la condition ultime pour sauver Mei Shin et vous sauver vous même. La voix  rituelle  étant ici un simple moyen d’atteindre votre objectif, une forme de transition quand votre âme décide de retrouver son corps pour refaire surface dans La Réalité présente. Une chose est sûre : la fin est tragique, le retour à la réalité très dur, lorsque vous apprendrez ce que vous allez apprendre en jouant au jeu.

Dans Devotion, vous l’aurez compris, avant même l’écran titre ce jeu est une narration chronologique du passé avec du gore, de la violence dans les métaphores utilisées pour retranscrire une vérité tragique et noire. Mais n’ayez pas peur l’écran vous protège dans la mesure où vous sentez bien que n’êtes qu’un lecteur oisif qui lit une histoire sombre. Si le roman existait, la forme de la narration se ferait non pas à la première personne du singulier mais bien à la troisième personne du singulier.

Conclusion

Un tandem parfait dans la danse menée  entre le déroulement de l’histoire toute tracée et l’avancement du personnage. On sera un poil déçu que cette ambiance ne se maintienne pas plus de deux heures.  On ne peut pas dire que Devotion touchera tout le monde, surtout pas les amateurs de sensations fortes. C’est un titre travaillé dans l’idée de correspondre à un jeu d’horreur psychologique purement et simplement : les rares moments où la présence se manifeste vous n’avez juste qu’à tracer votre route sans vous retourner. Le message transmis par votre fille sont de suivre les petits cailloux disséminés derrière elle. Chaque pierre vous conduira alors vers un souvenir direct qu’il vous faudra analyser puis le recoller dans l’album photo de votre passé.

9.0

Author's rating

Overall rating

Graphismes
9.0
Gameplay
9.0
Histoire
9.0
Sons et bruitages
9.0
État Global
9.0
The good
  • Graphismes immersifs dans les années 80
  • Histoire bien ficelée
  • Ambiance bien particulière spécifique aux rituels et esprits
  • Horreur psychologique uniquement, amateurs d'action passez votre chemin
  • Gameplay avec une prise en main facile sous qwerty
  • Une fin inattendue
The bad
  • Plutôt facile, pas de réelles difficultés
  • Durée de vie du jeu : à peine 2 heures
About author
Claire Gozen

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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