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Eastshade

Eastshade est un jeu à la première personne développé et édité par le studio indépendant Eastshade Studios sorti le 13 février 2019 sur Steam. Dans la même lignée que Leaving Lyndow, cette utopie onirique vous met dans la peau d’un peintre voyageur. Ce jeu à monde ouvert devrait vous permettre de concevoir vos toiles en observant le paysage, le spectacle merveilleux de la nature et en discutant avec la population locale. Bien plus qu’une simple fable de La Fontaine, vous allez voler d’un horizon idyllique à un autre pour trouver votre inspiration.

Vous démarrez le jeu dans la soute d’un bateau qui vogue vers Eastshade. Après avoir retrouvé le livre poussiéreux d’une vieille dame, un autre personnage étrange vous explique où vous allez. Mais l’eau commence à s’infiltrer dans la partie interne du navire, vous vous noyez inconscient. Sur les souvenirs de votre mère, vous vous remémorez une promesse que vous lui avez faite : peindre des horizons. Vous vous réveillez sur les côtes d’Eastshade.

Eastshade, une ode philosophique à la Nature

Eastshade un Monde ouvertOn découvrira avec surprise dès le début un Morrowind like, voire même sous certains aspects, un Oblivion Like. Selon toutes les œuvres imaginaires en commençant par Utopia de Thomas More, le monde de Eastshade est un univers peuplée de créatures animales où le troc sera votre monnaie. Un rêve immersif dont vous êtes le visiteur, “Quand l’homme rompt l’équilibre du monde, la forêt fait d’énormes sacrifices pour rétablir cet équilibre.” (Hayao Miyazaki).

En effet on pourrait tout à fait penser que ce jeu est sorti tout droit de l’esprit de ce grand homme. Idée reprise notamment dans son chef d’œuvre Nausicaä de la vallée du vent avec ses mots “Les Dieux ne peuvent plus tolérer davantage que cette terre soit souillée par la folie des hommes. ” Une idée nous traverse l’esprit avec la question à quoi ressemblerait le monde si l’Homme n’existait pas ? On peut tout simplement dire que Eastshade relève le défi brillamment et y répond tout en finesse.

Cette vision du monde est parfaite, tout simplement magique, de la narration au travers des échanges avec les PNJ tant par la beauté à l’esthétique graphique irréprochable auquel vous assisterez, Il nous est difficile d’accorder une note dépassant les 7.5 sur 10, mais ici l’œuvre est faite pour nous faire rêver, ne laissant personne insensible, et retomber en enfance. Un complot astucieux de “Greenpeace”, déguisée en moutons parmi les loups. Par conséquent si vous achetez ce titre comprenez une chose : ce jeu ne contient pas de violence telle qu’elle soit ! Aucun combat, aucune vulgarité, aucune critique négative sinon celle de notre reflet dans le miroir : nous vivons dans un monde ravagé par l’Homme.

Entrez dans la tête d’un artiste

Eastshade Monde ouvertCertains joueurs ont des soucis avec les graphismes puisqu’ils ont modifié son affichage et par conséquent ont eu des problèmes de latence.  Rappelons que le jeu n’occupe que 2.30 Go d’espace une fois installé. Ce qui est très peu pour des graphismes de cette qualité avec toutes les données qui lui incombent. Pour notre part nous n’avons eu aucun soucis de fluidité ! Pour cause le jeu tourne de manière continue à travers différentes interactions, sans aucun soucis de latence, de retard d’affichage de décors etc.

Dès le début du jeu, quand vous discutez avec les PNJ, vous devez à un moment donné, récupérer des composants afin de fabriquer une toile. Pour se faire, il vous faut d’abord des planches de bois ainsi que des morceaux de tissus (obtenables sur la partie des quais). Ensuite via l’interface de votre inventaire (touche Tab), Vous devez effectivement assembler ces deux éléments pour  avoir votre toile vierge. Vous pouvez maintenant commencer à peindre toujours en allant dans votre inventaire, en sélectionnant une toile numérotée et en posant votre chevalet au bon endroit pour avoir le meilleur point de vue possible. Vous réglez la taille du cadrage, et vous panorama s’affiche comme par magie sur votre toile.

Votre capacité à créer de nouvelles peintures dépend surtout de votre taux d’inspiration qui est symbolisé en bas à droite de votre écran. Ceci est lié à votre temps d’exploration dans ce monde ouvert, ou la progression de l’histoire ne vous impose pas quoique ce soit, ce qui vous apporte indéniablement une grande liberté d’action.  Cette aventure narrative d’une part, cette immersion contemplative et chaleureuse  d’autre part ne séduira pas tous les publics : ce jeu s’adresse aux personnes qui ont aimé les balades exploratoires dans Morrrowind et Oblivion. Ici vous voyagez surtout dans le charme doux de décors délaissés à la lumière du temps notamment avec un débit graphique lumineux important, le soleil est roi.

Un conte pour enfants : Lyndow

Eastshade Monde ouvertPar rapport aux quêtes,  vous aurez à discuter avec des PNJ de plusieurs calibres, certains capricieux, d’autres plus gentils, certains détestables, encore d’autres plus aimables. Il faut comprendre que ce jeu a été très bien finement travaillé sur le chara design des personnages d’une part et sur les bruitages et la bande originale d’autre part. Les dialogues vous permette d’accéder à plusieurs choix de réponses : à  vous de bien vous renseigner sur les informations adéquates. Comprenez que ce jeu est un RPG Fantasy qui demande une profonde lecture des investigations proposées.

Certains points d’accès ne vous seront pas favorables de suite, il vous faudra cumuler l’argent nécessaire afin de pouvoir passer les ponts par exemple. N’hésitez pas à vendre  vos œuvres, certains PNJ les rachètent très chères. La monnaie dans le jeu est la lumigemme, obtenable grâce à certaines quêtes accomplies. Attention la nuit est votre ennemie : pensez à trouver une auberge assez rapidement pour ne pas prendre froid ! A votre réveil vous serez surpris de trouvez composants et livres intéressants à parcourir toutefois plus succincts que ceux de Skyrim ou encore Oblivion.

Tous les composants du jeu de rôle sont là : des interactions avec PNJ offrant des choix de dialogues possibles , des objectifs à accomplir et des phases d’exploration où vous récupérez des composants pour vos crafts. Des moments dans vos quêtes vous marqueront les esprits, tout comme ce petit peintre qui cherchait comment peindre une toile dans la cours de Lyndow, mais qui ne sait pas comment s’y prendre. Ce sera alors à vous d collecter les composants indispensables à la fabrication d’une toile vierge pour lui montrer ce de quoi dont vous êtes capables ! Le tout une fois collecté, il sera heureux de vous réaliser une petite œuvre personnelle ! Bien naturellement pas celles de votre niveau mais des petits schémas bien faits et pleins d’âmes.

Un voyage entre ombre et lumière : Nava

Eastshade Monde ouvertUne quête vous mène à Nava, il s’agit de discuter avec monsieur Ours qui demande bien tranquillement de récupérer des pâtisseries dans la boulangerie de Nava.  Avant toute chose, pensez à cumuler le plus de ressources naturelles possibles : plantes, racines, morceaux de bois et plumes. Vous trouverez tout ceci dans la forêt qui vous mène vers le pont qui va à Nava.  Vous aurez certaines énigmes à accomplir pour réaliser vos quêtes, par exemple un jeu de lumière entre miroirs à placer pour avoir l’objectif de votre quête accompli. Comprenez que vous êtes dans un nouveau versant, avec de nouvelles compositions à ramasser.

Voilà comment faire un open world RPG Fantasy à la sauce contemplative onirique ! Nous vous conseillons vivement ce jeu qui est à tous les points de vues une réussite ouvert à tous et surtout pour les personnes qui aiment la nature.

 

Conclusion

Un gros défi à tous les niveaux pour un studio indépendant, challenge réussi hormis quelques points à revoir. Des ombres qui clignotent, une lumière trop intense (mais peut se régler via l’interface des options), bref un titre qui mérite d’être connu. A tous les égards sur le plan artistique, les graphismes érigés sont à tout point de vue pratiquement irréprochables. Naturellement il est à souligner certaines latences entre passages de passages ou interactions qui peuvent causer des effets saccadés  à l’œil de lynx. 

Côté œuvre et plan artistique, tout est parfait. On vit dans un monde parfait : une idylle à la nature, comme si on avait épouser celle ci sans alliance – ou du moins symbolique – juste la promesse à votre défunte mère de peindre un grand arbre aux larges racines. Mais si Hobbes pensait que “l’Homme est un loup pour l’Homme”, d’autres continuaient à se siffler que “Tout va bien bien dans le meilleur des mondes possibles”.  (pensée optimiste de Leipniz). Or, c’est complètement faux  : il existe bel et  bien une puissance créatrice au dessus de nous : la Nature. Nous devons, tout comme Voltaire, être déiste.

L’âme d’un artiste n’est pas celle d’un artisan : Un artisan va en effet produire plusieurs schémas prédéfinis à la chaîne tandis que l’artiste lui invente sur son degré d’inspiration ds objets d’arts uniques . Ce que les Studios Eastshade ont très bien analysés ! Il vous suffit d’un peu de bois, de quelques morceaux de tissus et voilà concevez vous même vos toiles. Certains films notamment dans La jeune fille à la perle remette au goût du jour comment faire ses toiles, comment faire ses couleurs etc. Ce qui est dommage ici c’est le système de peinture finalement à la portée de tous tellement facile, que finalement aucune difficulté n’est imposée. Tout est intuitif ; Ils auraient par exemple pu proposer un système de couleurs à fabriquer. Ceci aurait pu rajouter de l’intrigue au jeu.

Certains nous reprocherons peut être une notation trop élevée, nous assumons cette note ! Malgré les petits points négatifs nous considérons ceux ci comme mineures, pas de quoi fouetter un chat ! Nous vous rappelons aimablement que le jeu est disponible sur Steam depuis le 13 février 2019.

9.0

Author's rating

Overall rating

Graphismes
10.0
Gameplay
9.0
Histoire
9.0
Dialogues
8.0
État Global
9.0
The good
  • Découverte des décors somptueux
  • Un scénario original et bien pensé
  • Une prise en main intuitive
  • Tous les éléments d'un RPG fantasy
  • Une version française de qualité
  • Des dialogues bien travaillés
  • Un système de peinture à la portée de tous
  • Un jeu pacifiste
  • Une esthétique graphique fluide
  • Une Utopie onirique qui laisse songeur
  • Des quêtes attractives avec plusieurs choix de réponses
  • Les références à Oblivon et Morrowind
  • Une œuvre agréable qui laisse un sentiment de convivialité
  • Une durée de vie correcte
  • Un monde ouvert sur la beauté de la perfection
The bad
  • Possibilité de sauvegarder restreinte
  • Une aventure narrative et contemplative qui ne séduira pas tout le monde
  • Graphismes visuels qui peuvent parfois saccader
About author
Claire Gozen

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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