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Remothered: Tormented Fathers inspiré de Clock Tower, s’oriente vers la console hybride.  Darril Arts et Stormind Games ont annoncé que leur titre 2018 sortira sur Nintendo Switch cette année. Jeu sorti sur Playstation 4, Xbox One et sur PC, il a été développé par le studio italien Stormind Games et édité par Darril Arts. Les références sont multiples : en passant par Amnesia: Dark Descent, Outlast ou Layers of Fear ou encore Silent Hills.

Remothered: Tormented Fathers mêle aventure et horreur sur fond psychologique, et fait hommage à tout un éventail de références du cinéma et de la littérature.  Vous êtes dans la peau de Rosemary Reed, une femme âgée de 35 ans, qui va rendre visite chez Monsieur Felton. Ce retraité souffre hélas d’un mal mystérieux. Quand Rosemary  toque à la porte ce n’est pas l’ancien notaire qui lui répond mais Gloria, l’infirmière de garde.  Lorsque cette dernière apprend que notre héroïne révèle ses intentions, l’histoire bascule dans l’horreur. Les questionnements et pistes de Rosemary la pousse dans son enquête vers des réflexions peu communes : la fille de monsieur Felton, qui se prénomme Celeste  a disparue. Au de là  des apparences, Rosemary soupçonne entre autre le notaire et sa femme Arianna d’être impliqués dans une secte fanatique de membres vêtus de rouge.  

Clock Tower et Dario Argento : Phenomena

Dario argento FathersPour ceux qui ne connaissent pas Phnenomena, c ‘est un film réalisé par Dario Argento en 1985 dans sa “période surnaturelle”. Le film met en scène Jennifer Corvino (Jennifer Connelly) est la jeune fille d’une star du cinéma américain. Missionnée par son père d’aller dans une pension en Suisse, et ne connaissant personne, elle retrouve dans une vie solitaire.

Sujette à des crises somnambulisme, par un nuit, elle se retrouve en tête à tête avec un dangereux tueur en série, coupable de plusieurs meurtres de jeunes filles aux alentours.  Par ailleurs  elle se découvre un nouveau talent : celui d’entrer en communication avec les insectes. Pourchassée par le meurtrier, elle trouve un abri chez un entomologiste, John McGregor e, chaise roulante accompagné de son fidèle singe. Il va aider Jennifer à développer ses pouvoirs pour contrecarrer l’assassin.

Pour ceux qui connaissement bien Phenomena, et surtout Clock Tower, auront bien naturellement remarqué des similitudes frappantes entre les deux œuvres. Les prémices de Phenomena semblent être le point de départ des principales caractéristiques du Jeu Clock Tower notamment avec les courses poursuites de Scissorman. Ce qui se passe par exemple c’est qu’une touriste perdue, loin de son groupe d’excursion, trouve refuge dans un chalet vidé de toute présente humaine mais elle n’est pas seule : le tueur fou aux ciseaux est là. La chasse se termine tout près d’une cascade où elle la, la tête tranchée. (mot implicite dans Clock Tower). Or, on ne verra pas le visage du bourreau avant la fin du film.

course poursuite fathersUn autre point frappant concerne l’héroïne C’est les ressemblantes étonnantes comme deux jumelles d’une part et d’autre : elles se nomment toutes deux Jennifer et ont le même âge, entre quatorze et quinze ans. Elles sont forcées de s’habituer à un nouvea décor, (le manoir Barrows et le pensionnat Wagner) et partent en outre  non seulement une ressemblance surprenante avec des cheveux noirs longs et raids.   Enfin la tenue de Scissorman est inspirée de ce celles que portaient les enfants aisés italiens dans le début des années 1950.

 

 

Une enquête laborieuse

enquête fathersDans Remothered: Tormented Fathers, le jeu est une suite de couloirs dans un gigantesque manoir à la recherche de clés ou autre objets utiles qui vous permettront donc d’obtenir items plus utiles encore, tout ceci en se cachant du méchant Monsieur Felton. Le processus de cachette est similaire à celui d’Alien Isolation, et si par horreur Monsieur Felton vous attrape, vous pouvez en effet vous défendre à l’aide d’une armede fortune trouvée pendant votre chemin. Attention celle ci est à usage unique, mais vous pouvez aussi créer une diversion pour lui échapper.

Le jeu est particulièrement remarquable quant son écriture, donnant lieu à des protagonistes complexes ainsi qu’aux intérêts mystérieux et aux mœurs peu répandues.  Ces aspects sont soulignés par la présence de multiples cinématiques venant parfois même casser le rythme de la progression.  Le récit s’ouvre alors sur une entrevue d’une femme très âgée, a qui Rosemary pose des question à propos des tragiques évènements du passé.  Il l’interroge sur sa maladie capable de régénérer la croissance des tissus et des os, qui serait en lien avec une les moth (papillons de nuit) ayant la possibilité naturelle de proliférer au sein même d’une corpulence humaine.

La déclamation psychologique est essentielle avec des héros inaccoutumés et une très faible dose de jugement entre le bien et le mal.  Les péripéties de  Remothered: Tormented Fathers foisonnent tout en conservant sa sensation touchante. L’identification entre joueur et protagoniste est tel qu’il atteint son sommet.  L’OST signé Nobuko Toda (Final Fantasy, Halo, Metal Gear Solid) et Luca Balboni accompagnent et augmentent de manière exceptionnelle l’ambiance sombre de l’opus.  Coté technique, l’ensemble global est plutôt satisfaisant pour un studio indépendant.  Le moteur utilisé est Unreal Engine 4 qui apporte de jolis effets lumineux ainsi qu’un travail tout en finesse sur les décors intérieurs.  Or, on remarque tout de même que la modélisation des personnages et des animations ne sont pas au même level.

Un mode de jeu vintage

découverte fathersPour votre défendre, vous pourrez user d’une paire de ciseaux, d’une aiguille à tricoter ou encore même d’un rasoir pour échapper à l’emprise de vos ennemis. Vous pourrez toutefois améliorer ces items au cours de votre quête.  Les déplacements de Rosemary peuvent causer quelques problèmes : L’héroïne n’est pas une sportive mais fréquemment dans une situation urgente, vous ragerez lié à un gameplay trop rigide. Lorsqu’elle marche, elle le fait lentement ne ne court donc pas beaucoup vite.

Notez bien qu’il vous sera très difficile de semer un adversaire sans aller dans une autre pièce ! Pour cause une porte fermée arrête périodiquement vos ennemis. Les mécanismes de cachette souffrent également de quelques soucis. En effet si, peu importe votre cachette, votre ennemi ne vous a pas vu mais qu’il se rapproche, alors se lance un compteur spécifique. Il s’agit d’une sorte de QTE* demandant une action précise pour ne pas se faire repérer. L’I.A. est développée !
*Le Quick Time Event est un élément de gameplay de type action contextuelle consistant en une phase particulière. Vous devez exécuter les indications affichées sur l’écran dans un temps imparti.

Vous explorez donc l’immense manoir qui s’étend sur plusieurs étages et une multitude de pièces. Faites bien attention à rester sur vos gardes, les poursuivants ne sont jamais loin. Dès qu’ils se montrent, tâchez de  trouver un abri sur, parfois en pose accroupie et limitant le bruit. Ce malaise horrifique maintenant une sensation d’insécurité et d’oppression constamment dans l’immense manoir. Il aurait été plus bénéfique de profiter d’une exploration un soupçon plus libre. Des moments qui ne sont pas sans rappeler le jeu The Dark Occult.

Les décors et les personnages

petite filleSur le plan de la direction artistique, l’esthétique graphique est tout simplement parfaite. Chaque centimètre pixelisé de la demeure est développée avec le plus grand soin.  Les leiux sont jonchés de détails qui rendent l’endroit plein d’âme et une visualisation réaliste étonnante. La maîtrise des effets lumineux contrastent élogieusement avec l’obscurité. Cette particularité vous oblige par moment à vous munir de votre lampe torche.

Remothered: Tormented Fathers nous démontre avec succès que Unreal engine fait des merveilles lorsqu’il est correctement appliqué. Côté personnages, les portraits de modélisations sont tout aussi réalistes. Par exemple Rosemary fait bien ses 35 ans et porte une habillement simple sans fariboles. Monsieur Felton est fou et ne porte qu’un simple tablier sous lequel il est nu. Rosemary sait très exprimer ses sentiments quant à la peur et à la panique. Quant aux animations corporelles, Rosemary peut être amenée à gigoter, trembler suivant les schémas de dangers auxquels elle fait face. La team de Stormind a en effet développé avec brio l’expression et les émotions des protagonistes.

Pour la barre de vie, aucune présence de HUD* ne viendra obstruer l’écran pendant votre temps de jeu. Notons également aucune surbrillance des objets, c’est vraiment à vous de trouver le trésor rare. Lorsqu’un symbole d’item ou une QTE (Un quick time event (abrégé QTE) est, dans le jeu vidéo, un élément de gameplay de type action contextuelle consistant en une phase particulière où l’exécution des indications affichées à l’écran dans un temps imparti conditionne une issue pré-calculée) apparaît c’est de façon très épuré et minimisé.
*Le HUD, dans un jeu vidéo, est une méthode par laquelle l’information est relayée graphiquement au joueur

Conclusion

FathersC’est le premier jeu de la trilogie qui mélange harmonieusement gameplay furtif et ambiance sonore digne d’Amnesia. Les décors sont réalistes, sales et superbes. Délaissés par le propriétaire, on retrouve ici les influences de Clcock Tower. Un jeu d’horreur psychologique jonché de rebondissements à travers l’enquête de Rosemary Reeed.

Quant au gameplay directement inspirés de Haunting ground , voire Amnesia  vont vous couper le souffle. Face aux ennemis, vous ne possédez pas d’armes. Votre seul moyen de survie ? Vous cacher n’importer où, où vous pouvez ! Et cela que ce soit en dessous d’un lit, dans un placard ou encore sous les canapés! Hélas les contrôles demeurent un peu fades… Sans compter les animations peu fluides, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Cependant vous pouvez facilement vous y habituer. Nous vous recommandons donc ce jeu avec une durée de vie entre 5 et 8 heures. Cela reste donc un bon rapport qualité/prix.  On remarquera toutefois certaines redondances malgré un design graphique magnifique comme il rare d’en trouver aujourd’hui dans jeux d’horreur. 

7.5

Author's rating

Overall rating

Graphismes
5.0
Gameplay
7.0
Bande sonore et traduction
6.0
Histoire et décors
9.0
État Global
7.5
The good
  • Une ambiance sombre et sonore parfaite
  • Scénario riche et protagonistes attachants
  • Décors réussis dans l'ensemble
  • Remplis de références diverses liées au cinéma et à la littérature
  • Des décors somptueux
  • Des énigmes originales
  • L'OST
  • Un survival horror oldschool à l'ancienne
The bad
  • Mécaniques de jeu énervant
  • Des graphismes disparates avec quelques bugs dans la 2e phase de jeu
  • Une version française passables
About author
Claire Gozen

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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